2 mars 2017

Sondage - que manque-t-il à mon manuscrit? / Survey - what's missing in my manuscript?

(ENGLIS FOLLOWS)

Bonjour à tous et toutes,

Voilà plusieurs années déjà que je travaille sur un manuscrit qui raconte le processus souvent pénible et frustrant que vivent les étudiants post-gradués (particulièrement les étudiants au doctorats) lorsque vient le temps de faire la transition vers le marché du travail - les espoirs sont souvent grands avec les grandes qualifications, mais la réalité peut être bien cruelle. 

Bien que plusieurs ouvrages traitent de comment trouver sa place sur le marché du travail après les études, ou de comment survivre au doctorat, mon manuscrit décrit mon parcours durant cette transition et les épreuves et frustrations qui les accompagnent, en plus de proposer des “pistes d’actions” afin d’aider les lecteurs dans leur propre cheminement (au meilleur de ma propre expérience).

Or, en étant à une Nième itération de l'ouvrage, force est d'admettre que votre son de cloche m'aiderait à finaliser ce projet. J'aimerais donc vous inviter à lire (en primeur!) mon manuscrit  et recevoir vos commentaires sur certains aspects précis - "vous" étant ceux et celles qui sont passés par cette transition d'études post-graduées vers le marché du travail (quoique le "vous" puisse s'élargir à bien des gens). 

Vous trouverez donc au lien suivant un court sondage qui m’aidera dans la poursuite de mon objectif : la publication éventuelle de mon manuscrit.

Merci de votre contribution et de votre aide à faire de ce manuscrit un véritable bouquin! 

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For several years now, I have been working on a manuscript that tells of the often painful and frustrating process of post-graduate students (particularly doctoral students) when it comes to transitioning to the workforce - hopes are often great with great qualifications, but the reality can be quite cruel.

Although several books deal with how to find a place in the post-school labor market, or how to survive the doctorate, my manuscript describes my journey during this transition and the trials and frustrations that accompany them, as well as proposing "actions items" to help readers in their own way (to the best of my own experience).

Now, being at an Nth iteration of the work, I have to admit that your input would help me to finalize this project. I would like to invite you to read (in prime time!) my manuscript  and share your comments on some specific aspects - "you" being those who have gone through this transition from post-graduate studies to the labor market (though the "you" can expand to many people).

You will find at the following link a short survey that will help me in the pursuit of my objective: the possible publication of my manuscript.

Thank you for your contribution and for helping me in making this manuscript a real book!

JP

1 août 2016

4 jours en compagnie de David Suzuki - Jour 1, Halifax: sur les traces d’un géant

Suzuki en action - Halifax 2013. Crédits: @JPT
Ça serait mentir que de dire qu’il n’est pas un peu intimidant de suivre les pas (littéralement) de David Suzuki. Partout où il va il fait tourner les têtes, choque, provoque même, tout en suscitant l’admiration. Pourtant, il insiste toujours sur le fait qu’il n’est qu’un simple homme. Un homme aux allures d’un géant.

C’est en suivant les traces de ce géant que j’arrive à Halifax, tard en soirée, aux côtés de Suzuki ainsi qu’un collègue de travail. Nous sommes accueillis d’abord par une brise glaciale alors que l’hiver s’apprête à frapper à la porte d’entrée maritime du pays, avant d’être subséquemment accueillis par notre comparse et hôte de la tournée à venir. Bien qu’il ne reste que quelques heures à cette journée, nous profitons de ce dernier moment tranquille pour aller casser la croute et prendre un verre avant de nous lancer le tourbillon de conférences et d’entrevues médiatiques qui caractériseront les prochains jours. Ces pauses deviendront, au fil des jours, mes moments préférés : moments uniques et privilégiés de parler à l’homme-géant et d’en apprendre plus sur sa vie, ses combats et ses passions. Ma première leçon : même après des décennies de conférences portant sur le thème de l’environnement dont il maîtrise les grandes lignes, Suzuki rédige chacun de ses discours pour chaque évènement auquel il participe; tel un mécanisme parfaitement huilé, l’écriture fait partie de sa routine quotidienne…même à 80 ans!

Il est 8 heures tapantes lorsque nous nous retrouvons le lendemain matin pour une première série de rencontres avec le maire d’Halifax et plusieurs personnes influentes de la ville maritime qui nous honorent de leur présence – scène familière partout où Suzuki passe. Contrairement à ce que pourraient penser nombre de ses détracteurs, le Doc ne s’arrête jamais pour se prélasser lors de ses déplacements. Plutôt, il optimise le temps qui lui est imparti afin de rencontrer des influenceurs, échanger des idées avec des scientifiques ou appuyer d’autres groupes environnementaux ou Premières Nations dont les causes se rallient à ses propres valeurs. Si vous cherchiez qui se cache sous le déguisement du lapin « Energizer », ne cherchez plus! Suzuki l’incarne en personne!
Suite à ces rencontres, s’enchaîne une série d’entrevues médiatiques, de préparation logistique puis quelques autres mini-rencontres/conférences avant d’en arriver au clou de la journée, la première conférence qui donnera le coup d’envoi de notre tournée atlantique.

Derrière les rideaux de la scène qui donne sur un fabuleux amphithéâtre accueillant 800 personnes euphoriques à l’idée d’entendre parler David Suzuki, une ambiance mixte d’anticipation et d’excitation plane sur l’équipe – Suzuki quant à lui se recueille dans sa loge, révisant son discours qu’il ajustera jusqu’à la dernière minute au besoin. Quant à moi, c’est avec fébrilité et nervosité que j’attends le gong du départ; j’aurai à présenter le travail de la coalition environnementale dont je fais partie, avant de présenter l’homme de l’heure, puis d’animer un panel de discussion devant nos quelques 800 invités en toute dernière étape.

Dès que le nom de David Suzuki sort de ma bouche alors que je le présente, un vrombissement se fait entendre dans la salle…Suzuki n’a pas fait deux pas sur la scène qu’il est déjà accueilli par une foule de 800 personnes, debout pour l’applaudir. Il me faut quelques secondes pour me ressaisir et aller prendre mon siège dans l’amphithéâtre et me joindre aux admirateurs de Suzuki. Autre constat : presque partout où il passe et prend la parole, David Suzuki est accueilli telle une rock star, un géant plus grand que nature, parfois même tel un sauveur. Je n’oserai certainement pas employer le mot « prophète » car plusieurs y verraient là un soupçon d’aveu que Dr David Suzuki est le leader fourbe d’une secte environnementale qui cherche à détruire l’empire capitaliste. S’il jouit d’une popularité inébranlable, Suzuki n’est pourtant pas de ceux et celles qui se prennent pour le messie ou croient avoir la vérité infuse; il parle avec son cœur et son expérience de « vieillard », comme il le dit si souvent lors de ses allocutions. Et pour sa franchise et son courage, il a toute mon admiration…ainsi que celle de tous ces gens amassés dans cet amphithéâtre d’Halifax.

La soirée se déroule donc sans anicroche et se termine avec une autre ronde d’applaudissements. Bien qu’il soit déjà passé 10 heures du soir, David Suzuki ne semble pas montrer quelque signe de fatigue que ce soit. La seule chose qui pourrait trahir son air d’entrain est le rhume qu’il couve depuis quelques temps et qui semble persister, tout aussi tenace que le vieil homme. David et l’équipe de trois que nous sommes pour cette tournée prenons ainsi congé de nos hôtes qui nous ont aidé à co-organiser l’évènement et allons prendre une bouchée, question de décompresser. Pour ma part, je suis complètement épuisé: cette journée de rencontres, d’organisation logistique, d’entrevues médiatiques, puis de présentation/animation de discussion devant plus de 800 personnes m’aura suffit pour vider mes batteries. Or, il s’agit là du train-train quotidien de David Suzuki, 80 ans (faut-il le rappeler).

C’est en cassant la croûte avec lui que Suzuki m’avoue s’alimenter de toute cette énergie qui se dégage lors de ses rencontres et conférences; c’est ce qui lui permet d’avancer et de trouver la force de faire ce qu’il fait. Je soupçonne toutefois que malgré ce « transfert d’énergie » entre son audience et lui, comme par osmose, se trouve un homme qui est un véritable workaholic et qui est doté d’une soif de changer le monde qui va de pair avec sa rigueur professionnelle.

Demain, direction St-Jean de Terre-Neuve...et tout ce manège repartira de plus belle!

29 juillet 2016

4 jours en compagnie de David Suzuki - Préambule : Montréal - Halifax

Credit: @JPT
Suzuki - behind the scene. Crédit @JPT
Notre point de rencontre est à l’aéroport Pierre-Eliot Trudeau; destination : Halifax.

C’est là que s’amorcera une tournée de 4 jours dans les provinces de l’Atlantique. 4 jours pour parler et échanger avec le plus grand nombre de gens possible sur la question de l’impact des changements climatiques; impact qui se fait déjà ressentir dans ces régions.

Si les longs et stériles corridors des nombreux aéroports dont j’ai foulé le sol pouvaient parler, ils auraient sans doute bien peu de chose, sinon rien, à dire à mon sujet. Parmi la foule qui s’entremêle et se rue par ici, par là, je ne suis qu’une épingle dans la proverbiale motte de foin. À l’opposé, pour mon futur compagnon de vol, cette réalité est tout autre; les corridors des aéroports canadiens, ainsi que plusieurs autres terminaux internationaux, abritent sans doute encore les murmures qui sont devenus presqu’imperceptibles par mon acolyte, immunisé par ces scènes…« Est-ce bien qui je pense? » « Hé, regarde qui est là! ». C’est ainsi que les murs et corridors de YUL doivent encore garder l’écho du timbre de voix barytone qui fait la signature de David Suzuki alors que celui-ci me salue en m’apercevant.

La rencontre est cordiale et sympathique – David semble de bonne humeur malgré un rhume qui ne le quitte pas depuis quelques semaines (l’aléa des voyages fréquents). Même après plusieurs années passées à travailler pour la Fondation dont il est le co-créateur, il m’est difficile de réaliser que cet homme plus grand que nature fasse partie de mes connaissances personnelles.

Fin prêts pour l’embarquement, les hôtesses de l’air qui accueillent habituellement les passagers d’un ton poli mais froid reconnaissent aussitôt l’hôte de l’émission de vulgarisation scientifique la plus écoutée et la plus ancienne du réseau CBC[1], et soudain un véritable sourire émane de leur langage corporel. Plus encore, elles ne peuvent s’empêcher d’exprimer leur admiration envers l’animateur de The Nature of Things et de lui dire à quel point elles apprécient ce qu’il fait. Un scénario similaire se produit à l’intérieur de l’avion où la rumeur de la présence de David Suzuki à bord se répand telle une trainée de poudre. Même ma voisine de siège n’y échappe pas alors qu’elle me dit tout haut : « Quelle chance que de voyager avec une telle célébrité »!

Nul doute, David Suzuki est connu. Que notre opinion de lui soit bonne ou mauvaise, il n’en demeure pas moins que David Suzuki est un icône canadien…une célébrité, au dire de ma compagne de vol. Sans doute n’a-t-elle pas complètement tort puisque plusieurs sondages effectués au cours des dernières années le révèle comme étant un des Canadien les plus respectés et admirés au pays[2]. Il ne fait aucun doute non plus qu’un grand nombre d’admirateurs de Suzuki et de la Fondation qui porte son nom depuis plus de 25 ans sont sans doute d’ardents défenseurs de la cause environnementale qui lui tient tellement à cœur. Qu’à cela ne tienne, une autre partie des « admirateurs » de Suzuki n’y voit que la figure publique dont on parle régulièrement dans les médias. Alors que les médias sociaux foisonnent et que le « je-me-moi » est monnaie courante, faut-il vraiment s’étonner que plusieurs personnes accostent David Suzuki simplement afin de montrer au monde entier – ou du moins à leur sphère virtuelle –  qu’elles ont pu lui serrer la main au pire, ou même lui soutirer un selfie au mieux? Malheureusement, je crains que leur intérêt envers cet homme ne s’arrête qu’à cette poignée de main ou ce selfie obtenus à l’arrachée et que le message que Suzuki cherche à véhiculer depuis plus de 30 ans ne soit oublié dans les minutes qui suivent cette rencontre fortuite avec cet icône de la télévision canadienne.

« Les gens me perçoivent comme une célébrité. Ils pensent que j’ai la science infuse, alors que je ne fais que véhiculer le travail de recherche de toute une équipe – je suis un vecteur d’informations scientifiques. Mais le problème réel ne réside pas tant dans le fait que les gens pensent que je suis une célébrité puisque je suis fréquemment à la télévision ou à la radio, mais vient du fait que les gens se disent ‘Suzuki est là pour régler ces problèmes environnementaux, je peux donc continuer mon train-train quotidien en toute quiétude’ », me racontera plus tard Suzuki avec une pointe de déception.

Fort de trois décennies à véhiculer l'importance de la science dans notre société et la nécessité que l'Homme, avec tous ses défauts et ses forces, prenne pleinement conscience qu'il fait partie intégrante de la nature et qu'il est interdépendant de son environnement, Suzuki admet qu'il  de même que le mouvement environnemental – n'a pas su faire pécore le message dans l'ADN de ses groupies et de la population canadienne en général[3]. Cet énoncé, très critique et sans doute difficile à avaler pour plusieurs, révèle une partie de l'homme qu'est Suzuki: très exigeant envers lui-même...et sans doute tout autant envers ceux qui le suivent! 

22 septembre 2015

Climat : 400 milliards de raisons pour que le Canada s'affiche comme un leader

Dette totale carbone en milliards de tonnes de CO2 
Source : Prof. D. Matthews - http://bit.ly/1Yc5MfZ

400 milliards de dollars américains.
Voilà le montant de la dette climatique du Canada selon une étude récente du professeur Damon Matthews de l'Université Concordia, publiée dans Nature Climate Change.
S'il va de soi que la biosphère représente un seul écosystème, fini et partagé par l'ensemble de l'humanité, son utilisation par les pays du monde est très inégale — il en va de même de leur contribution au changement climatique. Par exemple, l'atmosphère, une des composantes essentielles de la biosphère, est le « site d'enfouissement » de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et autres formes de pollution atmosphérique. Or, l'étude du professeur Matthews permet d'évaluer plus précisément cette « dette climatique » des différentes nations.

20 septembre 2015

Brise d'automne...

Aujourd'hui, c'est la dernière journée de l'été.

Ça se sent: les journées sont plus courtes, la lumière nous caresse d'une chaleur plus subtile, la fraicheur matinale est quelque plus mordante, les feuilles changent de couleurs, certaines d'autres tombent...

Tous ces signes sont des manifestations qu'une saison s'achève bel et bien et qu'une autre commence.

Grand-Maman s'est également laissée envoûter par cette brise d'automne et a dit au revoir à l'été qui s'achève et qui l'avait vu naître il y a de cela 100 ans, pour se prémunir de la caresse réconfortante du firmament.

Difficiles sont ces transitions - on aimerait tellement se laisser bercer perpétuellement par la chaleur réconfortante et enveloppante qui s'accompagne de l'été...ou d'une Grand-Maman. Mais il faut savoir lâcher prise et être reconnaissant pour toute la bonté à laquelle nous avons eu droit pendant ces jours heureux, même si certains étaient pluvieux.

Difficile également de réaliser que la vie est ainsi faite de cycles et que, comme les saisons, les gens naissent et meurent, laissant derrière eux les fruits de leur durs labeurs afin que la terre puisse se renouveler et perpétuer la tradition.

Enfin, si toute notre tristesse face à cette transition trahit notre véritable sentiment, c'est parce que l'on sait que le vide laissé par ces journées chaudes sera bientôt comblé par des journées grises annonçant l'hiver...

Mais l'hiver n'est pas si mal en soi, puisqu'il nous permet de se tourner vers la chaleur et le réconfort de nos proches, et ainsi resserrer les liens qui ont été tissés pour la toute première fois il y a 100 ans de cela.

Puis, une fois la tempête passée, nous pourrons chanter gaiement que nous sommes heureux que le printemps nous chauffe la couenne afin, qu'à notre tour, nous puissions perpétuer le leg de ceux et celles qui auront foulé le terreau fertile de notre vie...